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FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT: Bello Bouba Maigari futur Premier Ministre ?

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Entre son dessein d’éternité au pouvoir et la nécessité de préserver la cohésion de l’Etat, Paul Biya dispose d’une marge très étroite pour réussir l’alchimie du gouvernement qui stabiliserait un pays fragilisé par la poussée des discours identitaires voire sécessionnistes. Bello Bouba Maigari a sa préférence pour l’Immeuble Etoile.

Le moins que l’on puisse dire est que Paul Biya a beaucoup de mal à livrer le gouvernement qu’il avait lui-même annoncé pour ” les prochains jours ” le 31 décembre 2025. Plus de trois mois après l’élection qui lui a permis rempiler pour son 8e mandat, les consultations semblent toujours au point mort et pour cause !

Pour les analystes, les raisons qui poussent à un remaniement sont presque autant valables que celles qui poussent pour un statu quo. Cela peut être dur à entendre pour les Camerounais qui souffrent et qui ont soif de changement, mais de façon froide et dans la logique qui est la sienne, pourquoi changer une équipe qui n’est pas un obstacle à son dessein d’éternité ? Depuis les confidences de Marafa Hamidou Yaya, on sait que le gouvernement se résume en réalité à une poignée de ministres, les 80 à 90% autres exerçant à la périphérie ou servant des intérêts de représentation. N’ayant vraiment pas de soucis pour sa sécurité, la défense, la collecte des taxes, la nécessité de changer serait alors dictée par quoi ? Pour Paul Biya, ceux qui sont en place sont connus et sont relativement maitrisables. Une redistribution des cartes va certainement amener de nouvelles personnes qui peuvent plus tard s’avérer difficilement contrôlables. Il en est du gouvernement comme des pans entiers de la vie publique. Le pays peut faire 10 ans sans tenir de Conseil supérieur de la Magistrature, où est le problème si ceux qui sont au sommet de l’appareil judiciaire sont des proches à lui et plutôt contrôlables ? Pour le reste, on procèdera à des ajustements périphériques suffisants pour que l’appareil judiciaire ne soit pas totalement grippé. Dans le même ordre d’idée, les 10 gouverneurs de région peuvent tous être frappés par la limite d’âge, mais pourquoi diable les changer s’ils participent bien au maintien du statu quo et du pilotage automatique qui gouverne le pays ? Entre un changement qui peut être efficace et dynamique pour la marche du pays mais en source d’incertitude pour le pays d’une part et d’autre part la stabilité qu’impose l’inertie avec des hommes connus, Paul Biya semble avoir fait son choix. Ce qui pourrait expliquer que le nouveau gouvernement ne soit vraiment pas une priorité.

Pourquoi changer de gouvernement ?

Pour autant, si on sait pourquoi Paul Biya n’est pas pressé de changer de gouvernement, on sait cependant aussi qu’il y a nécessité et urgence à en faire. Le pays est littéralement bloqué sur cette question et lui-même s’y est engagé. Il faut s’y soumettre, non seulement pour relancer les affaires comme Célestin Tawamba, le patron du Gecam l’a souhaité, mais aussi pour passer la pommade sur les revendications identitaires voire sécessionnistes qui attendent un signal du chef de l’Etat pour entrevoir un apaisement ou une embellie à défaut, dans le cas contraire, de se radicaliser davantage. C’est le cas du conflit anglophone qui dure depuis 10 ans maintenant avec plus de 4000 militaires tués dans les rangs gouvernementaux, des centaines de milliers de personnes déplacées ou réfugiées. C’est aussi le cas de la frustration nordiste capitalisée par Issa Tchiroma Bakari qui a mis très à mal l’axe Nord-Sud, vieux cache-sexe colonial français, qu’il faut rapidement replâtrer pour donner un semblant de stabilité au socle sur lequel le régime fonde sa légitimité virtuelle depuis André Marie Mbida, Ahmadou Ahidjo et Paul Biya. Résoudre cette deuxième équation semble plus urgente que celle de la crise anglophone qui s’est quelque peu sédentarisée et qui correspond à un schéma de contestation maitrisée et contenue depuis la colonisation et réajustée sous le vocable ” anglo-Bami ” avec le retour au pluralisme au début des années 1990.

Voilà pourquoi la sortie du nouveau gouvernement traîne en même temps qu’enfle la probabilité  d’un Nordiste à la Primature en attendant la session de mars prochain où un Anglophone (on parle beaucoup d’une anglophone originaire du Sud-Ouest) pourrait reprendre la tête de l’Assemblée nationale. Selon nos sources, Paul Biya qui aurait été converti à ce schéma est cependant sceptique sur les profils qui lui ont été présentés, notamment celui des quinqua et sexagénaires qui sont dans la short-list et dans laquelle le ministre de la santé publique, Dr Manaouda Malachie et l’actuel Directeur Général de la Sic Dr Ing Sardaouna Ahmadou, occupent les devants. Ne les ayant pas éprouvés lui-même, il peine à prendre des risques.

En revanche, le Président Paul Biya semble fortement tenté par la nomination de Bello Bouba Maïgari à la Primature dans les fins de régler l’équation du Grand Nord qui se pose à lui. Au contraire des autres, il connait bien ce dernier et son profil est celui qu’il affectionne : un homme à terre à qui il donne un nouveau souffle. Bello Bouba incarne aux yeux du Président, la stabilité du système dans la diversité et il n’ira jamais trop loin dans ses velléités de s’affranchir au contraire des personnages comme Issa Tchiroma Bakari qui a fonctionné comme un véritable Opni (Objet Politique Non Identifié) en secouant les fondations du système.

Deux précautions valant mieux qu’une, comme Remy Zé Meka Secrétaire Général à tout faire sous la primature de Simon Achidi Achu, nos sources indiquent que Bello Bouba MaIgari serait flanqué d’un Vice-Premier Ministre (probablement de l’administration territoriale) chargé de veiller sur les clefs de la boutique. Un fidèle, un bosseur originaire de la Haute Sanaga dans la région du Centre et dont l’incontestable capacité de travail et de manœuvres écœure jusqu’à ses détracteurs.

On a encore quelques jours pour vérifier ces informations dites de première main. Tic-tac… tic-tac !

Michel Eclador PEKOUA

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