Home Culture Symposium de Bangou sur les marchés d’esclaves internes de la traite négrière :...

Symposium de Bangou sur les marchés d’esclaves internes de la traite négrière : Réflexion sur la restauration et la valorisation des sites mémoriels au Cameroun

51
0

Le 5 décembre 2025 au Tagidor Garden de Bangou, un symposium de Bangou sur les marchés d’esclaves internes de la traite négrière a été organisé par Gilgal Tours en partenariat avec la commune de Bangou.

Afin de promouvoir la mémoire, la guérison et la reconnexion, Gilgal Tours, en partenariat avec la commune de Bangou, a organisé un symposium consacré à la mise en lumière du passé historique du Cameroun dans la traite négrière. Selon l’organisateur, Eric Igwacho, directeur général Gilgal Tours, cet évènement visait à comprendre le fonctionnement des marchés d’esclaves et de revisiter les routes qu’empruntaient les convois pour acheminer les captifs vers les navires en partance depuis les rives des ports négriers. « Nous sommes très contents d’être là. Nous avons été satisfait par les différentes présentations. Et nous disons merci au maire de Bangou, qui nous a accompagnés pour cet évènement », a-t-il déclaré.

La particularité de cette rencontre a été de plonger dans le passé tragique de la traite négrière, ensuite d’examiner le présent et envisager un avenir plus juste, plus radieux et inclusif. « En réalité l’histoire nous amène à un héritage sur lequel nous pouvons bâtir à la fois le présent et l’avenir. S’agissant des questions des traites ou de l’esclavage, c’est extrêmement important parce que ce n’est pas du passé qui ne nous intéresse plus, c’est un passé qui est encore présent, à travers la descendance des victimes, et même des bourreaux. Et d’un point de vue spirituel, c’est plus important que cela. Parce qu’au-delà, de la connaissance historique c’est-à-dire savoir ce qui s’est passé, ce genre de rencontre nous permet de revenir à nos sources », a indiqué le Pr Saha Zacharie, Chef de département d’histoire et d’archéologie à l’Université de Dschang. Avant d’ajouter que : « Nous revenons sur ce passé pas pour faire acte de vengeance, pas pour pleurnicher, mais pour puiser dans cette espèce d’énergie, une force. Voilà l’enjeu. C’est pourquoi il faut identifier, revaloriser les sites qui ont fait l’objet soit de la traite, soit de l’asservissement de l’esclave, c’est-à-dire le fait non seulement de perdre une personne libre sa liberté, mais de nier son humanité et faire de lui une propriété, un objet qu’on peut léger ou vendre ». Une vision partagée par M. Sylvain Djache Nzeffa, coordonnateur de la Route des Chefferies, qui estime que ce colloque était un lieu de dialogue avec des chercheurs et des scientifiques sur la démarche mémorielle de se reconnecter à son histoire. « Ce symposium qui aborde la question de l’esclavage interne dans notre société, était une bonne occasion de faire des croisements de regards avec des universitaires venant de Douala et de Dschang. Pour nous le message est très clair, le travail que nous avons fait au Jardin mémoriel de Bangou qui est la mise en valeur de la mémoire d’un ancien marché d’esclave; travail qui est pionnier parce qu’au Cameroun des jardins mémoriels, il y en a presque pas. Pour nous, c’est une fierté! », a-t-il indiqué. 

Pour le maire de la commune de Bangou, Paul Sikapin, cette cérémonie s’inscrit dans la vision de valorisation du jardin commémoratif du marché des esclaves de Bangou. « À Bangou nous avons un site très important : le site des marchés d’esclaves. Ce site un site mondialement reconnu. C’est ainsi que nous avons engagé de pouvoir créer un espace mémoriel. Nous avons voulu rendre cette reconstitution de la mémoire vivante. C’est pour cela que quand nous avons eu vent de ce symposium, nous avons sauté dessus, parce que nous avons trouvé cela très important parce que nous allons faire grandir ce site », a-t-il précisé.

Les moments forts de l’évènement ont inclus des communications scientifiques, des prestations poétiques, une exposition photographique sur la traite négrière, et surtout la reconstitution d’une caravane négrière. « À travers cette représentation, je me mets dans la peau des esclaves et je ressens une douleur en moi. J’ai été intéressé par cette thématique qui nous replonge dans notre histoire. J’ai surtout appris que les esclaves n’étaient pas traités comme des humains, ils étaient vendus comme des objets et ils étaient maltraités », s’est confiée Djitoumeni Lisa Clara, élève au lycée bilingue de Bangou.

Nacer Njoya 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here